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samedi 13 octobre 2012

À tous les tessonnayres !


BRAISES ET CENDRES
Les dernières braises sont éteintes depuis longtemps, la septième tessonnade  est terminée. Ce fut une aventure folle ! Un grand moment de rencontres et d'échanges, regards croisés , réseaux de gens de tous horizons, inquiétudes...rires et débats, une équipe « tout feu tout flamme » qui s'est créée longtemps en amont, au cours des journées poteries depuis janvier 2012.

LA CERAMIQUE UNE AVENTURE HUMAINE, rencontres, croisements, échanges de gens passionnés mais aussi participation de nombreuses associations, organismes sans qui avec tous les bénévoles anonymes la tessonnade n'aurait aucun sens et aucune profondeur. Tous ont laissés leur marque !

MCD ; Courant alternatif ; Confrérie du Gland ; Association entre Leyre et Ciron ; Conseil scientifique du parc ; Le Graoux ; le Gîte d'étape de Saugnac ; l'écomusée de Marquèze ; les Grès de Gascogne ; Nature et Sens ; Mairie Belin-Béliet, Centre loisir de Belin-Béliet. Les Pompiers de Belin- Béliet, école du Muret(40) ; Terra Raku ; Jongleurs de terre, GRECAM ; Baolin ; Musée d'histoire locale de Laluque (40); Mairie de Laluque ; Musée de Brocas les forges(40), Jean Claude Leblanc et Catherine Ferrier ; Boyé Philippe ; Marie Bilbao... et tous les nombreux anonymes !...
Et une mention spéciale pour la Halte Latine qui à été le coeur de ces rencontres grâce à la générosité de José et son sens de la fête, de la rencontre et de l'échange.
UN GRAND MERCI A VOUS TOUS

RANIMER LA FLAMME : Gardez votre souffle amis TESSONNAYRES !  Il faudra bientôt souffler sur les braises pour ranimer la flamme pour une prochaine édition de la tessonnade en 2013.

Gwenolé Belbéoc'h.



mardi 19 juin 2012

Tessonnade à Laluque, l'après midi

Avant de démarrer dans le vif du sujet, juste vous dire que la petite vidéo du tour à bâton est enfin en ligne à la fin du reportage de la "Tessonnade à Laluque, le matin" !

L’après midi, Cécile nous confie à moi Francine et Caroline, son four à bois expérimental ( à flammes renversées) afin de faire la cuisson de nos pièces réalisées en terre locale le mois dernier dans son atelier (terre de Laluque et d’Arjuzanx).

Je prend le premier quart pour la première montée en température jusqu’à 200°C, nous y arriverons à 15h15.
Quel plaisir d’âtre au petit soin de l’âtre, un œil sur la braise et les flammes, l’autre sur la sonde de température afin de tenter de maîtriser une montée constante de la chaleur : pas si facile, et pourtant primordial pour éviter la casse !
Je cède ma place à Francine pour aller écouter les conférences. Puis Caroline la relaiera pour atteindre 600 ° à 18h.

Gwénolé fait une petite intervention à la salle des fêtes sur la rétrospective des tessonnades.

Alain Coste prend la suite pour présenter la méthode de recherche au Grecam : étude, analyse, rédaction, valorisation. Sur le territoire, la recherche en céramique médiévale est jeune est a à peine 25 ans, c’est peu. Les tessonniéres sont souvent dans les labours qui font remonter les tessons.

Mr Barrouquière du CRAL nous parle ensuite d’archéoland et passe en revu le mobilier céramique déjà connu. Les oules qui sont des céramiques multifonctionnelles servant à cuire, stocker, transporter et présenter les aliments agrémentées la plupart du temps de décor à cordons.

Alain Coste fait à nouveau une intervention sur Castandet et la poterie de la fin du XIXème siècle. Les recherches ont démarrées avec les cartes d’époque du cadastre pour tenter de localiser les ateliers des potiers de Castandet. Ensuite la prospection sur place se met en route pour retrouver sur le terrain des traces de ces ateliers. La recherche se poursuit avec la récupération de témoignage et de photo de familles. A cette époque une éditeur de cartes postales était passé dans le village pour réaliser un grands nombres de prises  de vues, c’est une chance de pouvoir avoir autant de photos de potiers au travail avec une foule de détails sur les ateliers outils et pratiques.
L’étape suivante est de retrouver les carrières et argilières. A noter que les potiers et les tuiliers n’utilisaient pas la même terre.
La caractéristique des ateliers de potiers de Castandet est la voûte du four qui est réalisée systématiquement en pots cassés.

Gwénolé prend la parole pour clôturer la journée en témoignant d’une tessonnière à Sore du début du 19ème .

La journée se termine devant le four de Cécile, 18h, 600 °C,

suivit d’une montée rapide jusqu’à 1000°C pour 19h.

Le four est maintenant colmaté et nous pouvons nous décontracté avant de prendre congé.

Une belle journée bien remplie et diversifiée vient de se dérouler à Laluque et tout le monde est satisfait de cette première en rêvant déjà de la prochaine édition… !

Pauline L.

jeudi 7 juin 2012

Bilan de la 7 ème tessonnade


La 7 ème tessonnade a été un moment fort qui a mobilisé une grande énergie de la part de chacun. Il est temps maintenant de faire le point sur ce qui s'est passé, de mettre en mots sur nos ressentis et notre vécu. Nous avons tous des choses à dire, des idées à proposer, voire des critiques à formuler.


Nous vous proposons de venir partager cela lundi 18 juin à 18h30 à la Halte Latine à Belin-Béliet.
Vous n'avez pas le temps de venir ce soir là ? Alors laissez nous un message avec ce que vous avez à dire.
En espérant vous rencontrer nombreux.
Gwenolé B.

Tessonnade à Laluque, le matin


Arrivée 10h30 à Laluque, je retrouve deux de mes comparses d’atelier (je viens à Laluque presque chaque mois pour une journée terre dans l’atelier de Cécile, la Jongleuse de terre), Francine et Caroline, prêtes à profiter de cette belle journée sous le signe du soleil et de l’argile !

Dans la salle des fêtes, de magnifiques banes (grandes cruches portées sur la tête) sont exposées ainsi que des tessons.

Le GRECAM propose un stand librairie avec leurs parutions et notamment le superbe livre sur les poteries de Castandet. J’opte pour le hors série n°10 « la grésale » où sont présentées de nombreuses formes landaises utilitaires en terre cuite et vernissées.

11H30, l’inauguration démarre sous la houlette du maire de Laluque, du président du Grecam Alain Coste, de Jacqueline Falq la présidente de l’association du musée de la vie rurale de Laluque, et de Gwénolé représentant les tessonnades.
Quelques rétrospectives et remerciements plus tard, nous voilà un verre à la main à discuter tous ensemble.

12h30, début de la visite du musée de la vie rurale.
De beaux trésors nous attendent dans une authentique et efficace mise en scène : nous déambulons dans les pièces d’une maison landaise traditionnelle avec de nombreux objets d’époques installés comme prêts à être utilisés.
Nous voilà projeter dans le temps, guidés par des gens du pays témoins de cette vie.

La salle à manger, la cuisine,

la chambre, le grenier… etc…. prévoir au moins deux heures de visite pour tout découvrir si vous passez par là, mais ça vaut le coup!

13h, Philippe Dupouy nous attend dehors pour une démonstration de tour à bâton.


Ce tour de potier est entraîné par une roue lestée afin que la force centrifuge anime son mouvement et donc fasse tourner le tour. Philippe plante son bâton  et fais prendre de la vitesse à la roue, l’engin est simple et magique mais surtout … silencieux !


13h30, il est grand temps de se remplir l’estomac.


La suite du reportage bientôt !... (à suivre)
Pauline L.

mercredi 6 juin 2012

Il était une fois, des petits bouts de bois…


(rétrospective du 9 mai dernier)
Nous nous sommes transformées, Colette et moi, l’espace d’une matinée, en princesse au charbon des bois, emportées vers d’autres contrées, dans le carrosse du prince du bas fourneau et du fer.
Sir Jean Claude nous avait prédit un beau spectacle, nous n’avons pas été déçues en arrivant dans les établissements « S.A. Girondine de carbonisation » à Lacanau.
(merci de vous installer confortablement et de cliquer sur les photos pour les agrandir ;-)


Tout d’abord, petit rappel : pour faire fonctionner notre bas fourneau (pour réduire du fer à partir de minerai) nous avons besoin de carbone donc de charbon de bois de qualité.

Je vais vous présenter les différentes étapes de transformation du bois en charbon.

Au départ, un stock de bois.

Le bois est chargé méthodiquement dans des gros containers.

Les étages se superposent, la "marmite" se compose, le bois au final dépasse de presque un mètre.

Pose du chapeau et de la cheminée.
Mise à feu par le bas, la combustion démarre et le chapeau descend petit à petit.

Repositionnement du chapeau pour fermer hermétiquement les containers et éteindre les flammes.

Surveillance de la couleur des fumées afin de conduire le processus de carbonisation au mieux en ouvrant ou fermant les évents en bas de container, les ouvriers ont l’œil et ne chôment pas.

La carbonisation est terminée, tous les évents sont fermés, les chapeaux sont colmatés avec de la fraisil (mélange de sable et de cendre de charbon se trouvant au sol) pour finir d’étanchéifier.

Descente en température avant de pouvoir ouvrir les containers.

Vidage sur tapis roulant  pour transport à l’usine.

Mise en sachet et stockage.
Vente au particulier et aux grossistes.

Encore un peu de spectacle des fumées nocives chargées en goudron, le vent les balance au ras du sol et nous voilà soudain sans visibilité, comme pris dans une tempête de sable, puis tout se remet d’aplomb et les fumées montent comme des « i » dans le ciel, à nouveau un coup de vent et c’est une valse qui nous est proposée…


J’ai été étonnée et touchée de ce travail rude et beau à la fois, où l’esprit d’équipe et la confiance est de mise pour donner un sens au mot « sécurité ».


Je remercie toute l’équipe qui nous a gentiment et simplement accueillie sur leur lieu de travail. Malgré les engins et la chaleur, j’ai pu me poster où je voulais pour capter tous les angles de vues possibles de cette mini planète du charbon de bois.


Nous avons chargé nos « 14 » sacs de 50 litres avant de repartir vers la halte latine, où José, prince de la braise, s’impatientait déjà devant son BBQ vénéré. Ahmiam’, les douze coups de midi avaient retenti… !
Pauline L. (texte et photos)

mercredi 23 mai 2012

Dimanche 13 mai : opération raku

- Pause du décor sur biscuit (terre souvent chamottée qui peut résister au choc thermique). Le décor, est un mélange de fritte (le mot spécial pour dire émail en raku) mélangé à des pigments. Les parties non-émaillées ressortiront noires (c'est un peu une histoire de réserve, comme pour le tissus).


- on enfourne. Cuisson à 980°C pendant 1h, 1h15 .
- on arrête le gaz .

- Clau donne le "on défourne les filles!". Tout le monde se prépare (gants de protection, masque-les fumées sont aussi gênantes que toxiques-mais pas plus qu'un feu classique) .

- A l'aide de pinces, on retire une à une les pièces qui sont posées sur un lit de sciure.

Une autre "abeille" verse la sciure dessus. C'est la sciure qui devient un combustible et se brûle à la terre. Cette immertion dans la sciure se nomme 'enfumage" (enfummage?). La sciure prend feu. On ferme les bidons pendant 20 à 30 mn.


-Sortie des pièces qu'on trempe dans de l'eau froide.


- Ca refroidit très vite (la terre a perdu de la température lors de sa combustion avec la sciure)

- à l'aide d'une éponge, on nettoie avec le coté vert. Il faut pas mal frotter

Voilà, Clau à dit "le raku, c'est la magie de la Terre et du Feu"
Merci à l’association Terra Raku!

Vallérie B. (texte et photos)

mardi 22 mai 2012

Lundi 14 mai après-midi : le défournement du four fosse

Un défournement de four fosse est toujours un moment intense : la découverte des motifs d’enfumage, les analyses possibles suite aux casses et le résultat des essais effectués sont source d'allégresse.


La première étape consiste à gratter tout le tour pour extraire des cendres les poteries situées sur la ceinture extérieure. La première surprise est de constater que les galettes de bouse de vache ont conservé leurs aspects initiaux. Ceci renforce le fait que c’est un parfait isolant.


On s’aperçoit qu’un coup de vent nord-ouest a réussi à s'engouffrer dans le four, le bilan s’élève à deux jarres cassées. Surtout bien garder les tessons, car ils permettent de faire des analyses et sont des indices pour des améliorations à apporter à la structure du prochain four.

Ce qui a surpris notre druide est que les poteries lourdes et épaisses des enfants, telles que les boules ou les masques, ont très bien cuit sans aucune casse.


Gwénolé est vraiment satisfait de cette fournée : très peu de casse, une excellente cuisson, de magnifiques teintes métalliques ou brunes. C’est un meilleur résultat que les essais passés.


C’est donc sur une jolie danse et avec une jarre sur la tête, qu’il termine cet épisode.
Anne P. (texte et photos)

Samedi 12 mai après-midi : nouvel essai de four fosse


Tout d’abord faire le stock de matières premières : une pincée de copeaux, des fagots de bruyères et de brandes, quelques cageots de bouses de vache et de crottins de cheval, une généreuse réserve de branches, un trou d’environ 1,50 mètre de diamètre et nous voilà fin prêts pour le montage du four.


 Recette expérimentale, signée Gwenolé :

Sur un lit de copeaux, les jarres sont soigneusement installées en cercle et tête à cul. Cette étape est importante car en fonction de leur position, les poteries peuvent s’ébrécher ou casser lors de la cuisson.

Au centre est allumé un feu sur lequel seront entassées les autres poteries, pour former au final une magnifique demie-boule (les artistes du monde entier n’ont qu’à bien se tenir).


Le tout est entièrement recouvert de galettes de bouses de vache, sur lesquelles sont posées des branches de bois. Attention délicatesse à l’oeuvre, surtout ne pas pousser l’édifice.

Afin d’empêcher de fâcheux courants d’air, de la terre est remontée sur les bords. Il ne reste plus qu’à, comme dirait Johnny, allumer le feu (sauf que notre Johnny à nous est milles fois mieux).


Pour ne pas que la température monte trop vite et pour ainsi éviter les chocs thermiques, des morceaux de terre ont été placés sur les flammes.

De petits « poufs » inquiétants se font entendre au début de la cuisson ; nous espérons que ce ne soient que les branches. Suspens jusqu’au défournement...

Anne P. (texte et photos)

samedi 19 mai 2012

Jeudi 10 mai, visite au cœur de la forêt du Barp


Marie France Dubourg nous accueille chaleureusement ce jour dans son établissement : les Grès de Gascogne, producteur de pavés et carrelages en grès, dernière fabrique en activité dans le parc régional.

Nous démarrons la visite par un peu d’histoire. L’entreprise démarre en 1826 avec la fabrication de briquettes en argile molle moulée provenant du gisement toujours exploité aujourd’hui. La cuisson se fait alors à 900°C comme une terre cuite.

Dans les années 1900 on y fabrique des tuiles à la main; 1921, premières briques en fabrication mécanique et 1947 idem pour les tuiles.

Ici une machine manuelle pour mouler les pots de résine : la partie du haut (la contre-forme) vient écraser une boule de terre posée dans le moule (en bas).

Dans les année 60, Jacques Dubourg reprend la fabrique et c’est à cette époque qu’il découvre que l’argile de ce gisement est en fait du grès qui peut cuire à haute température (1200 °C), qui a peu de porosité et résiste donc parfaitement au gel en extérieur : les grès de Gascogne sont nés et les pavés et carreaux vernis au sel deviennent la principale production depuis 1987.

Nous traversons maintenant la fabrique pour démarrer la visite de la production, qui est ouverte sur la forêt. "Là-bas se trouve le gisement", nous dit Marie France en nous montrant le chemin. Ce sont les depôts d’alluvions d’une très ancienne rivière qui était là il y a des millions d’années. La terre est extraite une fois par an en été, elle se situe à environ 2 mètres de profondeur.

Elle est stockée sous hangar, puis désagrégée, séchée et broyée.

On lui adjoint de la chamotte (petites particules de terre cuite concassée pour la rendre plus résistante et lui donner moins de retrait au séchage).

Puis elle est ré-humidifiée et passe dans une boudineuse pour lui donner une consistance homogène sans air avant d’être extrudée en pavés.

Les pavés sont stockés dans une chambre de séchage (ventilation de l’air à 60°C) pendant 8 jours. 

L’opération suivante consiste à charger méthodiquement les pavés sur des chariots qui seront acheminés dans le four à gaz à chaleur tournante. Chaque palette contient environ 18m² de pavés et chaque four peut recevoir 2 palettes.

La cuisson dure 27 heures, avec un palier à 800 °C et 1000°C et terminer à 1180°C suivant la couleur finale désirée, beige ou plus rosée.

La fabrique possède aussi un four dédié au grès vernissé au sel, quelques machines automatiques pouvant mouler des pots pour de petites séries et certainement quelques secrets…


Sur la fin de la visite, nous croisons Jacques Dubourg qui nous dévoile et nous conte avec Marie France leur investissement au Burkina Faso où ils sont en train de former une petite équipe à leur pratique. Ils ont aidé à monter une petite unité de fabrication de briques et de filtre à eau. Cette aventure a fait l’objet d’une conférence pendant les tessonnades. Vous pouvez voir des photos de ce beau projet de transmission de savoir faire en cliquant ici.


Un grand merci aux Grès de Gascogne pour nous avoir ouvert leur porte et leur gentillesse : maintenant je regarde d'un autre oeil les pavés de Bordeaux lorsque j'ai l'occasion d'y aller...
Pauline L.