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mercredi 22 mai 2013

mardi 21 mai sous la pluie

Mardi 21/05/13
Officiellement le soleil c’est levé ce matin à 4h48, mais à mon avis il c’est payé une sacrée grâce matinée! priant Mme la pluie de s’occuper de nous. Tout ce qui était prévu tombe à l’eau.
Ce four si minutieusement préparé hier, entretenu avec amour  n’est pas  à la hauteur de nos espérances, il y a beaucoup de casse. Gwenolé est tout « chamotté »
De ce tas de cendres encore chaudes quelques pièces entières sont dégagées.







Il nous faut comprendre : Pour Aïcha, c’est le sable utilisé  qui est en grande parti responsable. En effet, elle n’utilise que de la chamotte à base de tessons pilés et tamisés. Il y a eu aussi le vent puissant, tournant, qui rendait difficile la maîtrise de la combustion. 
En conclusion : L’important ce sont les gestes appris, peu importe la production, mais il faut bien reconnaître que pour Aïcha qui s'est tellement investie, c’est décevant.
Recroquevillés sous une tente nous partageons notre repas .

Il est 16h Jérôme, François, Gwenolé partent en  fourgon  récupérer le four à pain qui est au Meynieu.


Tout ce passe bien, tranquillement il est déchargé .Dans quelques jours il servira pour cuire les pains qu’Aïcha préparera,
Stoïque François termine sa ruche




A 18H30 nous levons le camp, en espérant voir Mr soleil demain.




mardi 21 mai 2013

lundi, ouverture de la tessonnade

Lundi 20 mai 2013
Les Hauts Landais chez les Hollandais
Cette année c’est au château de Salles que nous allons. Les Tessonnades débutent sous un ciel bien maussade. Dans ce magnifique espace, au milieu d’une  prairie fraîchement tondue se dresse une tente. Aïcha est là, préparant le brasier pour la cuisson des poteries.
Elle procède ainsi :
Sur un lit de briques (pour éviter l’humidité), elle place du petit bois puis de la paille sur une vingtaine de cm.
Les ruches sont placées en premier .Ces grosses pièces sont mises à l’envers tournées vers le centre de la meule. Puis avec beaucoup de minutie Aïcha place les assiettes, les mejmars et autres pièces faites à Sore, évitant de laisser des espaces libres. Une masse compacte est nécessaire surtout lors du refroidissement.
Ce dôme arrondi est a lui seul une œuvre d ‘art rien ne dépasse, le moindre petit interstice est comblé par un tesson, un bout de bois.

Puis de plus gros morceaux de bois ceinturent l’ensemble.

Comme me fait gentiment  remarquer François Moser, les bouses de vaches sont en plaques, le crottin de cheval en boulettes. Donc Aïcha met les plaques de bouses en premier, et les boulettes de crottins boucheront les trous.

Des tuiles (millésime 2012) consolident l’ensemble.
15h26 Mise à feu

 A la base  du dôme, tous les 30 cm environ, avec un peu d’herbe sèche enflammée, le feu prend très vite. Rapidement une fumée épaisse envahit l’espace ; Le vent capricieux ne nous aide pas.
Il  faut calmer la combustion. Toute l’après midi Aïcha surveillera le feu, rajoutant du crottin pour combler les trous, se brûlant les doigts en déplaçant les tuiles.
Il n’y a plus qu’a attendre mais il y a tellement de choses à apprendre, par exemple faire un collier avec 2 fils de raphia mouillés,  un os d’oie découpés au silex  et quelques coquillages ; Valérie nous montre, c’est simple, rapide, est très vite, petits et grands se prennent au jeu.



François nous montre comment faire de la vannerie spiralée cousue ;
Mais depuis ce matin Philippe et Joséphine préparent la salle d’exposition. Velours noirs, vitrines mettent en valeur les belles pièces de poterie.
Les photos prises par Charlie retracent les bons moments des semaines passées.
Stéphanie Valet  nous dévoile pudiquement son univers tout en courbe et douceur.

Et que dire de ces  poteries aux formes élégantes aux décors raffinés, faites par les femmes du rif marocain. C’est tout simplement magnifique,




reproductions de céramiques médiévales


fragments de jarres gallo romaines . Losa (Sanguinet)


Quelques ruches en terre ou en bois et bouses (bournac)
Voilà, les officiels sont là, monsieur Nuchy maire de Salles  résume très bien ce qui fait le succès de telle manifestation, La passion, l’enthousiasme, la capacité et le désir de transmettre .Tout ce savoir faire doit être partagé, c’est notre véritable richesse.

Monsieur Nuchy, maire de Salles avec Aïcha et Mohamed
La première journée est terminée, un dernier coup d’œil sur le feu avant de partir. Il est 21 h. Gwenolé est heureux, ce soir à Samion tout le monde dormira bien!

Nos reporters en action!






lundi 13 mai 2013

De la boue au pain, deux jours pour un four à pain


Jeudi 09 mai 2013 
C’est au Meynieu chez Cathy que nous allons ce matin, la météo n’est pas optimiste mais nous le sommes. Le programme de ces deux jours est de confectionner un four à pain traditionnel, du village d'Aïcha, dans le Rif. Aïcha et Mohamed sont  déjà au travail, ils préparent le support  qui doit recevoir le four.
Sur une palette sont empilés successivement :
-un carton  recouvert d’une fine couche de terre végétale.
-une tôle, un peu de sable et 3 feuilles de journal.
C’est parti, Aïcha jongle déjà avec l’argile, elle a le compas dans l’œil, pas besoin de mètre,  sa main  mesure exactement le diamètre que doit faire le four. On dirait une grande pizza de 60 cm.

Entre ses mains les pâtons d’argile s’allongent, s’aplatissent et arrivent comme par magie sur le fond. Cinq plaques forment une couronne d’1 cm d’épaisseur sur 20 de haut,


elle  en monte ainsi deux rangées, rétrécissant le diamètre progressivement finissant par des colombins plus petits.
                                             
Mohamed allume un feu dans le mejmar, les braises sont placées dans une coupelle pour sécher les parois.

A l’aide d’un couteau, l’ouverture est faite ainsi que la porte, sans mesure, à vue d’œil et tout tombe « pile poil ». Elle fait également un couvercle et un cylindre dont on verra plus tard l’utilisation.
Maintenant, Aïcha renforce la structure,  plaçant sur tout le pourtour des sortes de poignées. L’ouverture ainsi que le col est serti par des colombins de 4 cm. Tout cela se fait alors que le feu est entretenu, dégageant des gaz qui obligent Aïcha à faire une pause.

 Il pleut tellement que le repas est partagé à l’intérieur.

Ce que je croyais terminé n’est qu’un début, ce bel ensemble  disparaît progressivement  derrière un mur de tessons joint à l’argile.  Cette muraille est à 1 cm de la paroi du four, les cendres maintiendront  cet espace.

Mais ce n’est pas encore fini.
Comme ils nous paraissent simples ces gestes, si faciles à reproduire. Jérôme et moi nous ne pouvons résister à la tentation de reproduire un mini four. D’un œil attendri et bienveillant Aïcha nous regarde, voit nos difficultés et ne peut s’empêcher d’intervenir. Elle reprend les formes, il faut bien le reconnaître sans elle, ce serait  beaucoup moins bien.

Après une balade en barque, Léo et Lucie fabriquent divers objets et profitent de ce bel espace
Nous avons passé une journée extraordinaire.

Vendredi 10 MAI 2013
Le temps est plus agréable ce matin, Mohamed coupe en menu brin la paille qui, mélangée à l’argile très molle, servira de torchis. Il fabrique des balais avec des branches de noisetier qui serviront pour enlever les braises.

Le four est bourré de paille et de bois, le feu est allumé.
Le cylindre est placé perpendiculairement, le mur de tessons entoure le four, sauf deux trous «oreilles» de part et d’autre qui faciliteront le tirage.

Le torchis :
Le four est entièrement recouvert du mélange d’argile et de paille, le tirage est bon, nous allons faire le pain.
Voilà la recette d’Aïcha :
500gr de farine type 55.
250 gr de semoule à couscous fine.
Une pincée de sel.
10 gr de levure de boulanger fraîche (diluée dans de l’eau tiède)
Eau tiède (quantité non mesurée)
Une fois le mélange fait, on laisse reposer 1/2 heure. Puis Aïcha forme des galettes qui reposeront encore 1/2 heure.




Sur la planche  « made in Jérôme »les pains sont enfournés, délicieusement parfumés. Nous les dégustons en trempant nos morceaux dans de l’huile d’olive avec un thé à la menthe préparé par Mohamed.

Un détail nous interpelle, hier Aïcha est arrivée avec une robe blanche parsemée de petites fleurs, ce soir elle est toujours aussi propre, nous, nous sommes enduits d’argile.
Quelle belle journée dans ce lieu magique, merci Cathy, Aïcha et Mohamed.



texte Colette
photos Gwenolé

vendredi 10 mai 2013

Stage de poterie du Rif


La forêt toute ouatée de brume joue la discrète ce matin. A l’entrée de Sore une tente rouge nous indique l’entrée de cette belle propriété où déjà tout est en place.
Autour d’un grand bac à sable, Aïcha dans une position improbable malaxe telle une pâte à pain, l’argile avec  la chamotte faite de terre crue et cuite passée au tamis, préalablement concassée par les petits lutins munis de leur marteaux.

Les proportions ?c’est au toucher, à l’œil comme disent les bonnes cuisinières, un peu d’eau, un peu  de chamotte et les pouces pénètrent énergiquement, rendant ce mélange souple et d’une couleur délicieusement chocolatée.
Tout le monde s’installe sur les tapis et la leçon commence :
Premier exercice, confectionner une assiette. Deux gros galets plats intercalés de sable lui servent de tournette. Aïcha distribue à chacun une belle boulette de terre.

C’est un peu comme en pâtisserie lorsqu’on veut foncer un moule à tarte avec une pâte molle et collante, on pousse la pâte vers les bords en s’assurant que le fond soit régulier et suffisamment épais.

Que l’on soit droitier ou gaucher  les deux mains participent.

Un gros boudin est posé, lissé, le résultat n’est pas toujours conforme au modèle mais Aïcha, soucieuse, rattrape les petits défauts, lissant avec un galet mouillé et  un morceau de peau de chèvre, les aspérités.

A midi, 12 assiettes sèchent au soleil alors que tout le monde se régale des plats aux couleurs appétissantes. Aïcha s’inquiète du travail fait ce matin ; elle déplace les assiettes et les met à l’ombre, pendant que nous terminons le repas sous le grand saule.

14h3O les activités reprennent, nous allons faire un Mejmar  (brasero petit modèle) Cette pièce qui  sert à brûler l’encens est une reproduction en modèle réduit du brasero servant à cuisiner et que nous ferons plus tard.

Tout débute par une boule  dans laquelle on introduit l’index pour former une sorte de bol, un colombin est posé , et à l’aide d’une planchette humidifiée, l’extérieur est lissé en partant de la base vers le haut, un peu comme on fait au tour de potier pour  donner une épaisseur régulière.  Trois boulettes posées sur les lèvres sont façonnées. S’il y a trop de terre on en enlève, s’il n’y en a pas assez on en rajoute. Toutes ces opérations se font avec de l’eau, rendant l’ensemble très mou,  difficile à travailler. Voilà, cette magnifique journée se termine, le bonheur était dans le pré.

Dimanche 05mai 2013
Ce matin il fait très beau, Deuxième étape faire un Mejmar « brasero »
(grand modèle). Même technique au départ, mais comme les bords sont plus hauts, la pose du colombin, qui est plutôt une plaque, va être différente et là, c’est à voir ……..
Aïcha forme un gros boudin  d’une vingtaine de centimètres, le place dans sa main gauche, et du tranchant de sa main droite forme un sillon profond. En cadence, la paume et le plat de sa main frappe la terre qui s’étale le long de son avant bras, formant une plaque d’une trentaine de cm sur vingt. Elle la place avec  aisance sur le fond ; elle en fera deux qui se rejoindront pour former d’un seul coup la hauteur total de la pièce. C’est une merveille !
Les trois supports sont posés, les trous percés, les anses mises et seulement ses mains, un galet, une planchette de bois. Son regard pétille, observe, elle aide chacun dans ses difficultés.

Muni d’un galet ou d’une petite cuillère, chacun polit les assiettes qui ont séchées mais qui restent fragiles.

C’est une étape importante qui donne cet aspect lisse et doux et qui nous procure détente, relaxation, un bienfait supérieur à tous les antidépresseurs et autres remèdes .
Bonne médecine stimulante pour le corps et l’esprit.
La décoration se fait à partir d’engobes préparés avec de l’oxyde de manganèse, oxyde de fer, pierre blanche, dilués et là, pas besoin de pinceaux. Aïcha prend quelques brins de poils de biquette et trace de belles arabesques et motifs tribaux difficiles à reproduire, chacun décore selon sa personnalité.

Ces deux jours furent extraordinaires  Petits et grands ont appris, partagés, ressentis, communiqués, pas forcement par la parole, Aïcha ne parle pas français,  Mohamed  son fils traduisait mais nous nous sommes compris au delà des mots.
Les poteries vont sécher tranquillement jusqu'à la tessonnade ou nous les cuirons le lundi 20 mai en début d'après midi.

Colette

lundi 6 mai 2013

Four à pain du Rif Marocain

Montage d'un four à pain du Rif Marocain Jeudi 9 mai et vendredi 10 mai.

Aïcha et Mohamed sont arrivés en fin de semaine et nous venons de faire deux jours de stage de poterie marocaine à Sore. (le reportage va bientôt être mis en ligne).
Dans le feux de l'action nous avons décidé de faire un four à pain traditionnel du Rif pour la tessonnade sous la conduite d'Aïcha et Mohamed.
Four à pain transportable en argile. Une fois sec, nous l'amènerons sur le lieu de la tessonnade au Château de Salles et servira pour la cuisine rifaine.

photo d'une maquette de four à pain du Rif

Il sera confectionné chez Cathy David, 18 allée du Meynieu, 33830 Belin-Béliet.
Rendez vous jeudi matin à 9h30.

Ces deux jours sont ouverts à tous ceux qui souhaitent participer.
Pour le repas de midi, comme d'habitude c'est l'auberge espagnole, chacun amenant quelque chose à manger qu'on met en commun.

Tenue de rigueur supportant les taches d'argile!
Contact 06 72 08 75 88
ou par mail à : entreleyreetciron@yahoo.fr
Gwenolé